
Béatrice Marie Guillaume peint comme elle jouerait d'un instrument de musique. La main gauche place les
accords et le rythme en une volée de signes, graphisme évoquant des notes, où viennent
s'accrocher ensuite les couleurs
en une mélodie éclatante jouée
par la main droite. Le résultat est
effectivement musique et danse
mêlées, un rythme incessant
mettant en scène des personnages à peine esquissés mais extrêmement présents dans toutes
les toiles, dans un mouvement
évoquant la danse.
Sa
sensibilité a fait le reste et a transcrit sur la toile, par la complémentarité de ses deux mains,
cette atmosphère musicale qui
l'a baignée.
C'est en 1980, alors qu'elle travaille à une œuvre très classique consistant en natures mortes ou "natures tranquilles", que lui vient le besoin d'utiliser la main gauche, main dite du cœur, celle de l'intuition, qui permet la spontanéité. L'oeuvre change, et la main gauche au début, comme chez tout instrumentiste débutant, cherche et trouve son rythme, travaille seule, pose ses accords, ses signes réguliers qui vont se marier plus tard aux notes vibrantes des couleurs, posées à la craie, à l'aquarelle ou à l'huile, par la main droite.
Samedi 23 novembre au soir, lors du vernissage de l'exposition à la Galerie de la Cité de l'eau, le directeur Alain Cayet invitait le public à découvrir le parcours de l'artiste. Depuis sa période figurative "main droite", jusqu'à son œuvre actuelle où éclate la maîtrise de l'utilisation des deux mains, toutes les toiles sont présentes et parlent d'elles-mêmes pour illustrer cette évolution musicale.
F.G. - Le Messager - Novembre 2002
A la Villa Perrotte à Dieppe, les expositions se succèdent mais ne se ressemblent pas.
Après Yves Michel et Benjamin
Solenne la semaine dernière, ce
lieu dédié aux artistes accueille
Bertrand Thomassin et Béatrice
Guillaume pour une exposition
qui ouvrira ses portes du 13 février au 22 mars. Le premier est sculpteur, la seconde
peintre. Né à Dieppe, c'est au
gré de ses pérégrinations sur les
côtes normandes que Bertrand
Thomassin trouve le matériau
indispensable à ses sculptures:
bois échoué sur les galets, travaillé par la mer, les années et
les tempêtes successives. De ces
bouts de bois, l'artiste va créer
des sculptures gaies et colorées,
de drôles de personnages filiformes, ressemblant parfois très
étrangement à l'artiste lui-même.
Béatrice Guillaume est née dans une famille d'artistes et s'initie aux techniques graphiques sous la direction de M. G. Met de Penninghen. Dans ses peintures, elle s'attache à transcrire l'éphémère, le mouvement fugitif des choses, leur déroulement incessant, comme celui des vagues de la mer.
Les informations dieppoises - 10 Février 2009
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