
Béatrice Marie Guillaume peint comme elle jouerait d'un instrument de musique. La main gauche place les
accords et le rythme en une volée de signes, graphisme évoquant des notes, où viennent
s'accrocher ensuite les couleurs
en une mélodie éclatante jouée
par la main droite. Le résultat est
effectivement musique et danse
mêlées, un rythme incessant
mettant en scène des personnages à peine esquissés mais extrêmement présents dans toutes
les toiles, dans un mouvement
évoquant une danse effrénée.
Sa
sensibilité a fait le reste et a transcrit sur la toile, par la complémentarité de ses deux mains,
cette atmosphère musicale qui
l'a baignée.
C'est en 1980, alors qu'elle travaille à une œuvre très classique consistant en natures mortes plutôt tranquilles, que lui vient le besoin d'utiliser la main gauche, main dite du cœur, celle de l'intuition, qui permet plus facilement la spontanéité. L'oeuvre change, et la main gauche au début, comme chez tout instrumentiste débutant, cherche et trouve son rythme, travaille seule, pose ses accords, ses signes réguliers qui vont se marier plus tard aux notes vibrantes des couleurs, posées à la craie, à l'aquarelle ou à l'huile, par la main droite.
Samedi 23 novembre au soir, lors du vernissage de l'exposition à la Galerie de la Cité de l'eau, le directeur Alain Cayet, après avoir salué Françoise Comont pour « sa présence qui perpétue la tradition des vernissages institués par son époux », invitait le public à découvrir le parcours de l'artiste. Depuis sa période figurative "main droite", jusqu'à son œuvre actuelle où éclate la maîtrise de l'utilisation des deux mains, toutes les toiles sont présentes et parlent d'elles-mêmes pour illustrer cette évolution musicale.
F.G. - Le Messager - Novembre 2002
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